Introduction par le Docteur Yasmine Lienard, psychiatre

Ce site a pour objet de vous présenter les applications de la pleine conscience dans le domaine des thérapies cognitives et comportementales.
Aujourd'hui, on utilise de plus en plus la MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction Program) de Jon Kabat Zinn, la MBCT ( Mindfulness Based Cognitive Therapy) de Teasdale, Williams, Segal, la Dialectique Comportementale de Linehan, la Thérapie ACT (Acceptance Commitment Therapy) de Hayes dans le champ de la psychothérapie ou de la gestion du stress.
On parle par ailleurs de "Troisième Vague" des Thérapies Cognitives et Comportementales axée sur les émotions et l'acceptation comme moyen de trouver plus de sérénité pour beaucoup de personnes souffrant de troubles psychiques.La méditation est un des outils utilisés pour se défusionner de ses pensées et agir au mieux pour soi même et les autres.
Ainsi on assiste à une vraie réorientation de la psychothérapie qui se nourrit de concepts ancestraux et les intègre à des données scientifiques très récentes.
Nous ne pouvons nier la dimension philosophique de ce que l'on transmet. Et lorsque l'on parle de méditation, les frontières avec la spiritualité, la religion sont minces. Nous devons donc tout le temps les garder en tête pour rester des médecins, psychiatres ou psychothérapeutes avant tout. Ainsi même si les fondements théoriques du bouddhisme ont inspiré ces thérapies, ce n'est que l'essence de son enseignement concernant l'esprit qui nous interessera.
Il est interessant de faire connaître ces nouvelles approches utilisées en psychothérapie tout en tentant d'en définir les limites et les indications. En effet pour pratiquer la méditation, accéder à la pleine conscience, il n'est pas nécéssaire de s'adresser à un psychiatre ou un psychologue et il sera parfois moins expérimenté qu'une personne ayant fait un vrai parcours spirituel lors de retraites bouddhistes par exemple. Toutefois le médecin, le psychiatre, le psychologue a une véritable connaissance de la pathologie psychique et peut à la fois poser un diagnostic, orienter, contre indiquer, et être là en cas de souffrance aigüe.
A l'heure où l'on envisage de réglementer la psychothérapie, il semble fondamental que les psychiatres s'ouvrent aux approches nouvelles et interagissent avec ceux qui ont travaillé sur le domaines des émotions et du corps par exemple, mais ils doivent aussi servir de garde fou pour une population parfois fragile, peu informée et permettre de poser les bons diagnostics s'il y a pathologie psychiatrique. C'est ainsi qu'en France on pourra sereinement choisir comment aller mieux.
Pour l'instant les thérapies utilisant la pleine Conscience font leur entrée à l'hopital ou dans les consultations, mais il y a encore du travail pour les valider sur le plan scientifique et les faire reconnaître comme des actes dont l'efficacité à été suffisamment démontrée et pour qu'elles s'inscrivent dans les recommandations de santé publique.
Souhaitons donc que de nombreuses recherches soient menées dans ce sens en France.

